Les logiciels libres dans les formations en information communication

Cette page en cours d’élaboration a pour objectif de faire un état au fil du temps de l’utilisabilité des logiciels libres dans les formations en communication.

(en préparation: Répertoire des logiciels libres pour la communication)

  • la publication web : Dans ce secteur, les applications libres sont très usitées par les professionnels et certaines font références. L’évolution du secteur, notamment avec la disparition des outils de mise en forme visuelle (souvent propriétaires) et la montée en puissance des solutions de gestion de contenus libre (CMS)1, la revalorisation de l’édition texte en HTML5 et CSS32, ont replacé les solutions libres comme référentes temps professionnellement que didactiquement. Pour nos étudiants et étudiantes c’est un des principaux débouchés en sortie de diplôme.

  • infographie et PAO : Le niveau d’attractivité pédagogique des solutions libres dans ce domaine a progressé. L’univers propriétaire est dominé par un acteur en situation de quasi-monopole (Adobe). Les solutions libres sont devenues les alternatives les plus fréquentes. Si nous ne discuterons pas ici la reconnaissance professionnelle des solutions, nous constatons que le libre propose des solutions sur lesquelles on peut s’appuyer didactiquement. Les solutions, comme Inkscape pour le dessin vectoriel, sont professionnalisantes, notamment car s’articulant autour d’un format de fichier ouvert normalisé. Pour la PAO et l’image matricielle, ces solutions commencent à se diffuser dans le monde professionnel, mais principalement dans des secteurs que nous qualifierions de « périphériques ». Ces solutions permettent de créer des documents professionnels au niveau des concepts et des fonctionnalités, mais elles sont soumises à une critique, notamment ergonomique qui devrait encourager une plus grande interaction entre développeurs et utilisateurs.

  • création multimédia : La montée en puissance du web en terme de publication électronique a délaissé la création multi-média interactive. En 2007 nous n’avions qu’une petite poignée de logiciels (une dizaine identifiés pour le cours). Depuis 2010, une arrivée massive d’outils permettant d’éditer des applications interactives basées sur des systèmes de création de jeu vidéo s’appuyant sur des technologies java ou html5. Mais le recours fréquent à des langages et des logiques de codage limitent parfois l’appropriation des concepts et surtout leur mise en pratique pour les publics des parcours en communication. Néanmoins des outils, comme Gdevelop, proposant des interfaces recentrées sur des approches plus visuelles et narratives introduisent à l’écriture interactive et la création multimédia pour produire des applications déployables sur les principaux systèmes mobiles. Cette montée en compétence sur la conception d’applications interactives s’appuye aussi sur des solutions de création de ressources pédagogiques interactives comme avec eAdventure, un éditeur de jeu en point&clic ou encore avec H5P qui génère des activités interactives (quiz, vidéos et images interactives …) pouvant être intégrées dans des solutions CMS ou LMS3. Pour nos diplômées se professionnalisant dans le secteur de la formation, ces solutions libres sont adaptées pour la création de contenus professionnels (notamment au travers du jeu sérieux et des web-documentaires)

  • audiovisuel : En 2006 les solutions audiovisuelles étaient plutôt de l’ordre de l’initiant. Elles étaient lourdes avec une interface complexe (Cinelerra pour le montage vidéo), trop sommaire pour une approche professionnalisante (Kino), tandis que les autres outils intermédiaires étaient instables (Kdenlive, OpenShot ou Pitivi). Du côté de l’audio en revanche, les outils étaient nettement plus matures au niveau de la captation et du traitement du son (Audicty, Ardour …). Ces projets étaient très dynamiques et nous avons eu l’opportunité de recruter des formateurs audio-visuels qui contribuaient à plusieurs de ces applications. À partir de 2010 les solutions sont devenues matures côté montage et nous sommes passés à une pratique pédagogique professionnalisante (se traduisant par une augmentation des stages intégrant la création de support audio-visuels (un stage en 2010 contre quatre en 2016). On rencontre encore des difficultés lors du décodage des captations, car les fabricants de certains matériels ne fournissent pas toujours des pilotes pour Linux ou de la documentation permettant de créer les pilotes matériels nécessaires4.

  • bureautique, communication organisationnelle : Ce domaine côtoie le champ de la conduite de projet. Les solutions bureautiques font désormais référence (notamment LibreOffice qui s’appuie sur le format OpenDocument5). Les solutions orientées communication électronique (Thunderbird, Firefox …) ont un niveau de sécurité et de fiabilité qui en fait des solutions professionnelles. Elles sont complétées par des outils de gestion de réunion ou d’organisation complet et innovant (Freeplane, VYM pour les cartes heuristiques, Rapla pour la gestion de ressources et d’emploi du temps …)

  • conduite de projet, travail collaboratif : Dans le domaine de la conduite de projet depuis 2003 le logiciel GanttProject constitue une solution accessible comme outil pour visualiser et gérer le suivi de tâches interdépendantes. Côté Environnement Numérique de Travail (ENT) et « Entreprise Ressourced Planning » (ERP), les premières solutions des années deux-mille étaient sur-dimensionnées ou trop « bureaucratiques ». Dix ans plus tard, l’intégration de technologies dynamiques et le re-développement d’outils centrés sur certaines collaborations (partage d’agenda, de fichiers, de répartition de tâche, écriture coopérative …) facilite une approche pédagogique professionnalisante. Les étudiantes et étudiants apprennent à coopérer entre eux avant de partager leur agilité collaborative au sein de structure découvrant les usages collectifs en ligne. À partir de 2014, les outils de coopération, déployés par Framasoft dans le cadre de l’opération « Dégooglisons Internet », facilitent l’expérimentation d’applications collaboratives en ligne. Des solutions ENT légères restent intégrées à nos enseignements, notamment Dolibarr qui permet d’avoir une approche de gestion de stock, de facturation et d’initiation à la comptabilité d’entreprise.

1CMS : Content Management System : système de gestion de contenu. En France, les principales solutions utilisées pour déployer des sites web sont WordPress, Joomla, Drupal et Spip. Parce qu’elles sont libres, ces solutions libres facilitent l’adaptation et les paramétrages personnalisés de sites web fabriqués à façon.

2S’agissant de formats ouverts normés par le W3C, l’intégration de leur gestion dans les outils libres est native.

3LMS : Learning Mangement System : plate-forme didactique pour la gestion et le suivi de parcours et ressources pédagogique (Moodle, Claroline, …)

4Mais l’univers matériel évolue, Elphel Inc., propose des caméras de haute-définition en « OpenHardware » (Scoffoni, 2009) utilisées notamment par Google pour ses captations Streetview.

5 Depuis 2007, Le Référentiel Général d’Interopérabilité (RGI), édité par les services du premier ministre, décrit les formats à utiliser dans l’administration française. http://references.modernisation.gouv.fr/interoperabilite

Flattr this!