Version plein écran sous-titrée en français pour The Story Of Stuff

The story Of Stuff

Pour ceux qui ne connaissent pas encore, The Story Of Stuff est une animation commentée qui explique simplement pourquoi une économie de la consommation est aberrante, irresponsable et dangereuse. On pouvait la trouver assez facilement sur des sites de diffusion vidéo avec un sous-titrage en français, mais il faut bien dire que l’image était de piètre qualité.

À partir de la vidéo « HD » mise à disposition sur le site « The Story Of Stuff » (storyofstuff.org), je vous ai remixé le tout pour avoir une vidéo diffusable sur un lecteur de salon en espérant faciliter sa diffusion dans le monde francophone, notamment pour des diffusions collectives (lors de réunions publiques, soirées entre amis, débats…).

Le fichier en VO sous-titré en français (212 Mo) est téléchargeable ici .

Passé cette brève intro, je vais faire mon bavard à la fois sur la technique d’incrustation des sous-titres que sur un petit avis réflexif sur le film. 

L’histoire de l’intégration du sous-titre

Avertissement :

 Ok c’est pour Gnu/Linux et compagnie… Dois-je vous dire que je ne vais pas me prendre le choux à trouver des solutions et explications pour des systèmes que je désapprouve et qui m’ennuie, surtout quand on a une solution simple, gratuite et efficace ?

Vive les Creative Commons : Tu peux le faire

The Story Of stuff (SoS) est sous creative commons cc-by-nc donc téléchargeable et distribuable et un appel à traduction est effectué sur le site. Sur Youtube, la chaîne « The Story Of Stuff » permet de voir le film en ligne en activant les sous-titre mais une récupération via le site ne donne pas des résultats très chouette. J’ai donc dans un premier temps récupérer la vidéo en haute qualité sur le site officiel.

Trouver la traduction : opensubtitle.org

Dans un second temps j’ai envisagé tout d’abord de refaire un fichier de sous-titre mais j’ai tenté de voir s’il n’y en avait pas déjà un sur le net : Bingo sur opensubtitle.org, il y a le petit fichier .srt qui va bien. Encore un site de mutualisation intéressant.

Pour rappel un fichier srt est un fichier texte structuré avec les time-codes de chaque « tirade » de sous-titre. Il suffit ensuite que le fichier soit dans le répertoire du film (ou un répertoire de sous-titres) avec le même nom que le film, pour que votre « player » vidéo, genre vlc ou mplayer intègre les sous-titre dans le film. Ça marche aussi pour la plus part des consoles DVD/DIVX de salon.

Ce fichier peut-être édité avec un simple éditeur texte, mais on peut aussi utiliser des éditeurs dédiés qui pour voir le film et en parallèle les différentes tirades time-codées. On pourra du coup modifier/ajouter les moments et durée d’affichage ainsi que les textes. Selon le format précis du fichier de sous-titre, il est possible d’intégrer des stylisations de texte et de couleur. Avec ces outils on « sous-titre » presque à la volée y compris d’une langue à l’autre ou pour créer des versions pour malentendants… Perso, j’utilise Gnome Subtitle qui est d’une prise en main absolument rapide et simple.

Fenêtre de Gnome Subtile

Du coup j’ai pu effectuer quelques retouches dans le fichier pour corriger quelques petites fautes et refaire quelques synchros plus subtiles (à mon goût).
À l’ordre des modifs, j’ai notamment remis RadioShack qui est cité dans le film mais avait été traduit par Darty… Certes c’est culturellement plus compréhensible pour le Français de base, mais Darty n’est pas RadioShack et je ne peux savoir avec certitude si Annie Leonard, qui fait le commentaire, pense la même chose de l’un et de l’autre.

L’intégration des sous-titres dans la vidéo

Donc j’aurais pu m’arrêter ici, mais je préfère commettre un crime de lèse majesté : intégrer les sous-titres dans le fichier vidéo.

Pourquoi un crime raisonnable malgré tout?

Parce que j’oublie que les players vidéos (libres) de qualité sont tous capables de lire et d’insérer le fichier .srt avec la vidéo… mais je le fais parce que beaucoup d’utilisateurs ne sont pas familiers avec cette techno et que ceci nécessite la distribution de deux fichiers  : la vidéo et les sous-titres.

L’inconvénient le plus important est que si on laisse les sous-titres à l’extérieur, il est possible d’avoir plusieurs langues sous-titrées et donc pour multiplier les versions internationalisées, on ajoute les fichiers textes de chaque langue (quelques octets à chaque fois) pour un seul gros fichier vidéo alors qu’en intégrant, on serait obligé de faire une version vidéo par langue….

Pour l’intégration, je passe par la ligne de commande en utilisant le logiciel mencoder (dans les dépôts de toute bonne distrib… pas besoin de lien). C’est un encodeur du style ffmpeg qui possède d’autres fonctionnalités dont celle d’intégrer les sous-titres dans la vidéo avec, cerise sur le gâteau, le choix de la police de caractères (Attention à bien choisir une fonte qui gère tous les caractères de la langue cible, y compris le signe euro ou encore les lettres accentuées).

Pour l’occasion, j’ai utilisé la police Vavont. Orakeldel a créé cette police et la rendue libre (merci à lui). Une police « manuscrite » qui nous change de cette saloperie de MS Comic (rappel à mes étudiants : l’utilisation de MS Comics coûte en moyenne deux points sur votre note finale). Esthétiquement, j’ai trouvé quelle collait avec la vidéo de SoS.

Pour la ligne de commande… j’ai rien inventé mais j’ai trouvé tout ce qui va bien sur deux sites bien documentés (Quak1 et la doc ubuntu de mencoder) et j’ai adapté aux noms de mes fichiers ce qui donne comme ligne magique :

mencoder StoryOfStuff.avi -sub StoryOfStuff.srt -fontconfig -font Vavont -utf8 -subfont-text-scale 4 -oac mp3lame -lameopts br=128 -ovc xvid -xvidencopts bitrate=1200 -o StoryOfStuff-VOST-Fr.avi

Moulinage d’une quinzaine de minutes et le fichier a été optimisé pour passer de 500 Mo à 212 Mo avec les sous-titres inside.

Voilà pour la technique.

Cette version de StoryOfStuff-VOST-fr.avi (212 Mo) est désormais téléchargeable ici ou sur les bons réseaux de peer 2 peer qui le feront circuler légalement (comme par exemple sur Retroshare)… pas de raison qu’on soit plus dans le cc-by-nc…

The Story Of Stuff  : critique simplifiée ou simpliste de la consommation

Annie Leonard Le fond de l’histoire des choses que raconte Annie Leonard est de montrer que le modèle économique basé sur la consommation, l’hyperconsommation est un modèle irresponsable car il est basé sur une croissance continue et illimitée, une exploitation faiblement recyclée des ressources matérielles dans un monde global mais limité, une planète fermée.

Un modèle de consommation basé sur une croissance perpétuelle dans un monde clôt…

Chaîne du modèle de la Consommation Croissante Irresponsable

On pourra toujours trouver qu’en 20 minutes elle survole les faîts, grossit et noircit le trait. Mais la démonstration est là et la démonstration est faîte car elle repose sur une logique de base : Si tous les habitants de la planète consommait comme les États-uniens, il nous faudrait cinq planètes… et on en n’a qu’une. Elle montre que le recyclage à la mode poubelle verte, c’est gentil et bon esprit, mais carrément insuffisant. Le geste du citoyen ne représente que quelques petits pour cent du gâchis industriel.

Il nous faudrait cinq planètes… on n’en a qu’une

Le modèle de la croissance ressort alors dans toute sa splendeur d’irresponsabilité, sa cruauté productrice d’inégalités, de pauvretés.

Obsolescence programmée et obsolescence perçue

Et elle ajoute que ce processus n’est pas « naturel », il ne s’agit pas des aléas de doammages collatéraux de l’industrialisation, mais bien d’un projet économique réfléchi et imposé au travers de deux outils nous contraignant : l’obsolescence programmée et l’obsolescence perçue.

L’obsolescence programmée consiste à créer des produits ayant un cycle de vie de plus en plus court, de moins en moins réparables. Ainsi on oblige à la consommation de nouveau bien, non pas parce qu’on a envie de changer, mais parce que ça ne marche plus. On demande donc aux ingénieurs de calculer un taux d’usure en adéquation avec la capacité de production de l’outil industriel. Mieux, si par hasard, les consommateurs avaient la sale idée de trouver des moyens de pérénisation…. et bien on change les normes, on en crée de nouvelles et on produit de la menace sanitaire… (revoir mon billet sur Obsolescence programmée)

Comment s’appelle ce gars?
(Original : Qr Coded T-Shirt by 5Volt (Flickr))

L’obsolescence perçue : Il s’agit cette fois de bourrer le mou des gens pour qu’ils se trouvent eux même ringards, has been et que la pression sociale finissent par nous conduire à l’adhésion aux messages publicitaires et à la mode.  Ce ne sont pas les messages qui nous influencent, mais les autres qui vous contraignent à y adhérer. Exemples : lorsqu’on vous donne les coordonnées GPS pour aller quelque part, qu’on vous demande votre numéro de téléphone portable pour un rendez-vous ou un code de vérification d’achat… vous n’avez pas d’autres choix que de vous désocialiser ou de céder à l’achat de l’objet permettant de rester en contact avec la tribu. Lorsqu’on vous balance un « qr code » pour avoir de l’info en plus, vous êtes obligés d’avoir un smartphone qui fait l’affaire.

Dernier exemple perso en date :

- Allo Velov', ma carte d'abonné ne fonctionne pas, je ne peux pas retirer mon vélo en "libre accès"
 - exact, je renouvelle votre code et je vous l'envoie par courriel
 - Oui mais je suis devant la borne vélo, pas devant mon ordi...
 - Vous n'avez pas de smartphone?!!?

Et là t’as envie de dire : « non connard, je  roule en vélo pas en 4X4 parce que je suis un sale ringard anti-moderniste, je ne suis pas obligé d’avoir un smartphone gps pour faire deux bornes à vélo entre chez moi le boulot … »

L’anti-consumérisme primaire ramène-t-il à la préhistoire?

Outre le fait qu’il faudrait probablement prouver que la préhistoire c’était tout pourri, revenir à une société non consumériste, raisonnable et consommant à l’échelle de la planète, c’est avoir un niveau de consommation ou plutôt un mode de vie proche de celui des années 50 pour les Américains ou des années 60 pour les Européens. C’est à dire avoir une voiture par famille, partir en vacances, avoir la télé, assister à des spectacles, écouter de la musique… On en est pas à se battre avec la lèpre ou les loups… Et il semblerait en plus que ces périodes (les 50’s et les 60’s) furent l’âge d’or du bonheur. Depuis, c’est la montée du stress : travailler plus pour espérer gagner plus… mais jamais assez. Donc montée conjointe de la frustration (si j’ai pas je suis nul… et il y a toujours un moment assez vite arrivé où je n’ai pas…). Pour vivre plus longtemps? Même pas, au contraire, l’espérance de vie aux États Unis a régressé. En France, c’est l’espérance de vie en bonne santé qui baisse désormais… Yep, on arrive à vous garder grabataire plus vite et plus tôt. Un vieux qui meurt à petit feu dans une maison de retraite ça rapporte beaucoup plus qu’un salaud de retraité qui fait son jardin et file des salades à ses enfants (ironie).

Que peut-on faire après avoir vu ça?

La conclusion d’Annie Leonard est de revenir rapidement à un cycle de consommation vertueux (dans vertueux… y a vert) et raisonné.

Un cercle de consommation raisonnable et vertueuse

J’adhère même si je pense qu’il faut effectivement sortir rapidement de l’angélisme et de la compromission sur le « développement durable » en mode Grenelle de l’environnement. Il ne faut pas infléchir les comportements, il faut les changer et les condamner. Il faut changer de paradigme. Reprendre le pouvoir et s’engager dans des luttes contre l’ultra-consommation.

L’hyper-consommation est un crime, ceux qui en font la promotion des criminels contre l’humanité. Nous devons reprendre le pouvoir politique et assumer notre pouvoir économique. Soyons radins et exigeants pour avoir des produits durables, réparables localement par des personnes indépendantes des constructeurs et des marques. Les idéalistes ce ne sont pas ceux qui prônent la sortie de la consommation, ce sont les fous furieux qui prêchent que hors la croissance point de salut.

Qu’on se le dise : Les financiers doivent réfléchir qu’ils vont bientôt visiter des prisons en attendant de connaître leur Nuremberg. Les marketeurs et publicitaires pourraient bien effectivement adopté la coupe de cheveux tendance Apple-Moby… rasés gratis.

Faire des objets de qualité et durable c’est possible si on ne laissent pas les financiers dicter aux industriels la durée de vie des choses sur des bases consuméristes. La preuve cette ampoule qui est allumée depuis 1901

 

 

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2 réponses à Version plein écran sous-titrée en français pour The Story Of Stuff

  1. Arnaud dit :

    Salut Vincent,

    Ravi de retrouver tes billets ici.
    Pour info, le lien vers ta version sous titrée est HS .

    Bon, je me prends par la main pour lire la vidéo avec les sous titres linkés ou tu refais un petit upload (avec tes sous titres améliorés!) ?

    Je n’ai pas pris le temps (les yeux me piquent) de lire tout le billet, tous les billets de ton site mais je crois que je vais revenir très prochainement histoire de retrouver ton expertise et tes avis …

    A plus

    Arnaud, francofaune

    • Merci Arnaud d’avoir signalé la mort du lien… manque de téléchargement sur dl.free.fr. Je l’ai migré chez depositefiles. Mais pour ceux qui ont aimé francofaune, on peut le retrouver sur retroshare, réseau protégé de F2F (Friend to friend, successeur du Peer to peer mais où on reste entre amis :p).

      On y trouve ainsi plein de contenus libérés de contraintes d’audimat et s’adressant à un public curieux et partageur.

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