RMS ne serait plus aussi bon messager du libre

Stallman et la Fsf pourrait porter une part de responsabilité sur le recule de notoriété du logiciel libre. C’est en tous cas ce que rapporte, sur le Framablog, une traduction récente d’un article Bruce Beyfield paru le 22/11/11 dans Datamation sous le titre : Le logiciel libre perd de son influence, la faute à la FSF de Stallman ?.

En 7 points, l’auteur explique que depuis cinq ans, la FSF et Richard Stallman perdent leur pertinence de porte parole du mouvement du logiciel libre. Cette analyse me paraît plutôt pertinente même si on peut parfois en discuter les angles. Reprenons point par point …

1- trop de bonnes causes, pas assez de ressources

La FSF serait éparpillée sur de nombreuses actions de promotion et de défense avec un budget qui n’est pas sans fond et une équipe qui reste limitée. Mais pour expliquer cet éparpillement, plusieurs questions me viennent à l’esprit: Qui d’autres que la FSF prend en charge des campagnes pour promouvoir les formats audio libre, pour mener des initiatives anti-windows… ? Est-ce que la FSF est-elle même en mesure de n’être que partenaire, soutien d’une action qui serait conduite par un autre groupe (typiquement les formats audio libre ce n’est pas à la fsf de les porter mais aux mélomanes et audiophonistes libres)?

2- pas de nouveaux adeptes et les anciens négligés

Un vrai débat. D’un côté l’auteur explique une présence peu convaincante sur les réseaux sociaux et de l’autre que les anciens ont l’impression que les buts originels (construire un système libre) sont délaissés au profit d’un activisme militant (philosopher sur le contexte et faire du lobbying). On est ici dans une série de position quasi paradoxale: Aller sur les réseaux sociaux, c’est prendre le risque de légitimer des lieux de discussion et de rencontre qui sont des lieux éthiquement discutable. Peut-on parler librement du logiciel libre sur Facebook? Et puis les petits nouveaux ne sont pas forcément du cercle des codeurs… et il faut les reconnaître et les apprécier même s’ils ne sont pas compétents (et ne seront pour l’essentiel jamais compétents) pour mettre en œuvre la liberté d’étudier et celle de modifier un programme. Et forcément les « fondateurs », les « anciens » se sentent délaisser et leur compétence dévaloriser par la revalorisation d’un discours plus « usagers », plus « politique » dont ils ne maîtrisent pas les codes et se sentent disqualifier. Le libre doit se trouver et faire monter en puissance des portes paroles qui sont à l’intersection des deux communautés et qui seront les passeurs entre les nouveaux et les anciens.

3 – Debian remplacé par Ubuntu

Il est vrai qu’ au cours des 5 dernières années, Ubuntu a incarné la distribution incontournable par son activité, sa visibilité et sa séduction. Je ne vais pas cracher dans la soupe, c’est ubuntu qui m’a amené à basculer complétement vers un OS libre. Mais si Ubuntu a été, à mon sens, et reste pour l’instant, une référence pour amené de nouveaux utilisateurs, le modèle d’évolution de la distribution n’est pas aussi avancer en terme d’éthique de la liberté que ne l’était Debian alors distribution de référence. Mais ce point est certainement entrain de tourner actuellement : Le succès d’Ubuntu a défié les autres distributions pour être plus « friendly user », plus novateur et plus actualisé. Du coup des distribution comme Debian pourrait bien revenir sur le devant de la scène au travers d’adaptation de surcouche à la linux mint debian qui allieraient un usage plus ouvert à la diversité des publics, tout en maintenant des processus de développement plus « style libre ».

4 – Le défi des nouvelles technologies pas relevé.

L’auteur remarque la timidité voir la réticence et le combat des nouvelles émergences numériques (e-book, cloud computing, téléphone mobile, tablettes…) par la FSF.  Évoqué l’archaïsme potentiel de la FSF sur ce cas de figure est opportun, mais je ne pense pas que le libre en général passe à côté. Prenons le cas Android, si les libristes expriment généralement des réserves, ils sont quand même nombreux à se servir de cet exemple pour créditer l’opérationnalité du libre par un beau succès qui lui doit de gros emprunts. En l’occurrence, cette question renvoie plutôt à la perte de représentativité de la FSF au sein de la galaxie du libre et de l’Open Source.

5 – La scission de la GPL

GPLv2 contre GPLv3. La remarque est ici pertinente dans la distance que la bascule non systématique des codeurs vers les v3 montrent l’existence d’un écart grandissant entre la FSF et les développeurs.

6 – On n’assiste pas aux conférences

L’auteur marque ici son regret de la perte de relations directes au sein de la communauté et notamment les rencontres de plus en plus difficiles de RMS avec son public. L’acharnement de ce dernier à bloquer sur la terminlogie et à disqualifier systématiquement tout interlocuteur qui n’utilise pas le terme de GNU/Linux devient fatigante en plus d’être dégradante pour l’essentiel des personnes qui viennent à sa rencontre et se font tailler. C’est  un peu du même niveau que le sous-titre du bouquin qui lui est consacré « la biographie autorisée », on se retrouve avec un truc qui parle de liberté mais où l’expression est sous contrôle absolu. Alors qu’on rappelle, que resitue de temps en temps dans son propre discours, les mots choisis est une chose mais faire le maître d’école avec sa règle avec des gens qui entre pour la première fois dans la salle… ben ça leur donne pas envie de revenir s’ils ont le choix. Et donc du coup, je suis parfaitement en accord avec cette remarque.

7 – Richard Stallman fait des gaffes

Mouais, alors oui il en fait, mais elles servent surtout ceux qui veulent de l’anecdote pour avoir de bonnes raisons pour tuer le père. Qu’il n’est pas été courtois à la mort de Steve Job… La question lui a été posé pour qu’il réponde ce qu’il a répondu, pour avoir un type qui dans le concert de dévotion dirait peut-être que ça ne lui faisait ni chaud ni froid. Son tord n’est pas sa réponse, mais son instrumentalisation… Mais il avait raison : le logiciel libre n’est pas concerné et n’a pas de raison de s’émouvoir de la disparition d’une personne qui n’a pas rien à voir avec ses objectifs.

Mais en revenant sur les deux derniers points en guise de conclusion  : Ce serait un paradoxe pour la communauté du libre de faire allégeance à une père fondateur. En disant cela, je ne prône pas le parricide symbolique émancipateur, mais la perte de leadership de la FSF peu dans un premier temps apparaître comme une perte d’influence du logiciel libre alors qu’en faîte elle est probablement une étape symptomatique de l’appropriation sociale du logiciel libre. L’auteur n’est pas sûr que les « leaders » soient en mesure de réagir, mais nous sommes libre de le faire sans eux.

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