Approriation phase 3 : Usage des smartphones et réussite scolaire: des résultats à méditer | Slate

Déposé par Taber sur OpenClipart.org

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Ouille, de vilains chercheurs cassent la mobilité dans l’éducation et les apprentissages… Appropriation phase 3 : Le désenchantement = tuer ce que l’on a aimé.

Les études citées par Slate sont intéressantes pour ce qu’elles racontent mais aussi sur ce qu’elles symbolisent de l’appropriation sociale de la mobilité.

Il y a quelques mois j’avais proposé une illustration de l’approriation technologique en phase 2 avec le cas d’un consultant à propos du journalisme 2.0.

Il y a quelques jours encore je citais une étude sur la tablette à l’école.

À chaque fois j’indiquais qu’on avait les signes extérieurs de l’engouement (et qu’il nous appartenait de les relativiser).

Slate, avec mesure ouvre la brèche de la phase 3 de désamour de la mobilité comme un geste de footballeur buzzé va servir de prétexte aux discours sur les excès d’expression sur les réseaux sociaux. Adieu phase 2 des printemps arabes, bonjour phase 3 de la guerre des trolls entre les partisans de la quenelle au beurre ou au crochet.

Le désenchantement s’appuie ici sur quatre arguments massues des discours du désenchantement des technos de communication qui s’enchâinent généralement ainsi :

  1. Objectiver par le risque sanitaire : Mise en danger de la santé physique : répondre a minima par le principe de précaution. C’est un argument qui sert à disqualifier une éventuelle posture idéologique que l’on pourrait attribuer à la personne argumentant : Le risque serait bien réel…
  2. Redistribuer l’autorité sociale : Affaiblissement des résultats scolaires = pas d’avenir = irresponsabilité de la tolérance des autorités éducatives = donner une raison (via responsabilisation) à l’autorité parentale ou éducative de passer à une préventation « active ». Le bénéfice pour l’argumentant est de ne pas se positionner lui-même comme autorité frustrante, castratrice. Il laisse la violence à ceux qui en ont la légitimité supposée.
  3.  Concerner l’utilisateur par les indices/symptômes d’auto-diagnostic de dé-socialisation et de toxicité mentale (l’anxiété) : culpabiliser refiler le stress vers l’utilisateur en rendant la technologie responsable de sa solitude : Tu n’as que des amitiés/amours superficielles car tu ne fais qu’effleurer leur pseudo sur ton tactile. Tu n’as pas de relation dans toutes les dimensions. Argument pour produire de l’adhésion à partir de la propre expérience de l’utilisateur.
  4. Affirmer son individualité, sa résistance au effet de mode, son autonomie Individualiser l’utilisateur en étant capable d’adopter d’autres comportements y compris contre ses groupes d’appartenance en gagnant un statut de résistant, d’innovateur ou de responsable (varie selon ce qui est gratifié selon le groupe d’appartenance).

Attention, mon interprétation du désamour doit-être tempérée dans le cas présent : je n’ai pas étudié sérieusement les évolutions du discours de slate (a minima) ou du discours général sur la mobilité.  Ma réflexion ne dit pas non plus que je suis devenu un pro-mobilité éducative. Il me semble juste que nous ne sommes pas encore parvenu à un point d’équilibre des usages permettant de les intégrer dans des pratiques éducatives rationnelles.

En revanche je spécule de l’étude américaine qu’il y a une gestion de l’anxiété par les marketeurs et les constructeurs. Ils glorifient l’innovation permanente qui au final sert à proposer un objet de substitution à l’instant de désenchantement. De cette manière on passe directement à une nouvelle découverte et enchantement en esquivant la nécessaire distanciation produite par la phase de désenchantement. Du coup on ne peut accéder à la rationnalisation.

C’est dommage pour l’éducation mais c’est intéressant pour une idéologie consummériste qui fait son beurre en entretenant des contextes d’usages compulsifs. L’innovation devient alors un moyen d’oppression sociale sucré.

Sources :

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