Obsolescence programmée : décourager l’entretien et la réparation

eConsommation

Petite chronique d’un week-end de bonheur à essayer de prendre soin de son environnement quotidien. J’étais parti pour une fin de semaine à la cool, et le monde des appareils m’a rappelé que cette semaine arte avait diffusé un documentaire sur l’obsolescence programmée. Punaise, j’ai maudit le faux monde libéral qui prône la libre concurrence et met en fait en œuvre des stratégies de capture.

Commençons par le lave-vaisselle… une petite fuite d’eau car semble-t-il une bête pièce qui s’est desserrée avec le temps et les vibrations. Un petit entretien de base voudrait que l’on aille chercher dans la boîte outils le tournevis ou la clé qui va bien… sauf que… maintenant on ne mets plus de vis normalisée ou cruciforme mets des vis avec des têtes bâtardes, étoilées à la mode exception. Alors en grinchant, tatonnant, m’escrimant j’ai fini par tomber sur un de mes tournevis qui avait pile poil le bon diamètre pour m’en sortir. Merci Whrilpool.

Et puis dans l’après-midi ma fille m’appelle car son écran de portable vient de claquer. Ok, on retourne au magasin… un ordi bien au demeurant, vendu sans operating system (merci LDLC). Moins de 450 euros à l’achat… mais changer rien que la dalle d’écran… 180 à 200 euros de pièces, si tu rajoutes la prise en charge de 40 euros et bien au final tu pourrais presque te demander si un ordi complet et neuf ne vaudrait pas le coup. Le prix des pièces détachées est désormais un truc hallucinant par rapport au prix de l’assemblée… comme quoi la main d’œuvre ne coûte vraiment plus rien.

Allez on continue avec un ampoule à changer à l’avant de la 206…. Je laisse chacun taper les mots clés en question dans son moteur de recherche préféré pour découvrir le bonheur de ceux qui s’y sont essayés. Quelques écorchures plus loin, du cambouis jusqu’aux cou…des en ayant eu l’impression d’avoir jouer au micro-chirurgien j’y suis arrivé. Mais en lisant les forums, je constate que de nombre de personnes finissent par aller chez Peugeot pour qu’on change leur ampoule. Faut pas qu’ils croisent les roussins entre temps, car la prime sera pour eux , pas pour les ingénieurs et commerciaux qui font de leur mieux pour que nous soyons de moins en moins autonomes pour entretenir notre véhicule. Mais il paraît que la marque du lion n’est pas la pire en la matère… ça promet.

Tout ces petits exemples en 24h illustrent à quel point on nous impose aujourd’hui un modèle de sur-consommation de services et de renouvellement. Chacune de ces situations montrent que le libéralisme est un dogme affiché mais qu’il parfaitement dévoyé par un système de lobbying financier et industriel qui poussent à la déréglementation de la protection sociale mais fait le forcing pour imposer des réglementations éliminant tout ce qui n’impose pas de se soumettre à une consommation outrancière. Ce dogmatisme est admirablement résumé par Bernard Maris (économiste différent, ennemi des Chicago Boys de Milton Friedman) notamment dans l’extrait audio de l’émission CO2 mon amour diffusé sur France Inter le 28 janvier 2012.

Ces mécanismes s’inscrivent aussi dans le concept de l’obsolescence programmée.  Le principe est de contraindre à rendre obsolètes des produits pour contraindre le renouvellement.  Vous trouverez sur Arte + pendant encore quelques jours le documentaire « Prêt à jeter » qui montre comment ce concept est mis en œuvre et théorisé pour le grand bien, paraît-il, de l’économie…

Mais qu’on se le dise, si je fais des économies sur le renouvellement de matériel de qualité et réparable, je ne vais pas me faire un matelas avec l’argent non dépensé, mais plus probablement l’utiliser autrement, ailleurs. Mais manifestement c’est ce qui gène. Il faut mieux rendre nécessaire des trucs de bases plutôt que d’ouvrir à une économie diversifiée et produisant de la qualité. Je reste perplexe.

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